West Coast Bad Boyz: High Fo XMas

West Coast Bad Boyz: High Fo XMas

No Limit Records, 1994

Fondé en 1990 par Master P, No Limit Records a su se faire une place dans le rap avec un style bien particulier, du rap du Sud très typique de la Nouvelle Orléans avec des influences G-Funk West Coast de temps en temps. Au début des années 90, No Limit était un petit label indépendant basé dans la baie de San Francisco à Richmond avant de déménager à La Nouvelle Orléans en 1995, où son fondateur Master P est né. Lorsque le label déménage dans cette ville, le succès apparait, notamment grâce au partenariat de distribution signé avec Priority Records, il devient d’ailleurs une filiale de cette dernière, même si Master P reste le propriétaire des masters de No Limit avec sa liberté dans la direction artistique.

No Limit Records saura créer un univers bien à lui, ce n’est pas du rap d’Atlanta, ce n’est pas du rap de la Bay Area, ce n’est pas du rap de Houston, c’est bien du rap de la Nouvelle Orléans, typique de cette ville avec des sonorités qui lui sont propres. Même si les critiques ont pu être un peu dures avec les sorties du label, le succès est grandissant avec des albums qui se vendront à des millions d’exemplaires pour certains. Le label deviendra un monument du rap du Sud.

Le roster inclue à la fois des artistes natifs de la Louisiane comme Master P lui-même, Mia X, Silkk The Shocker, C-Murder ou Mystical et des artistes de la baie qui l’ont suivi lors de relocalisation, comme Big Ed. En 1997, Master P signe Snoop Dogg suite à son départ de Death Row, un move très critiqué mais qui sera bénéfique pour le label avec des albums multi platines. Même si Snoop Dogg n’est pas le seul artiste de la maison à sortir des albums multi-platine, Master P ou Mystical ont également eu des réalisations à succès, la signature de Snoop parviendra à donner une visibilité beaucoup plus étendue au label.

Les présentations sont faites. Maintenant, revenons un peu en arrière. 1994, avant la relocalisation du label, No Limit sort une compilation de « Noël », West Coast Bad Boyz: High fo Xmas. A vrai dire, on s’attend pas trop à ce genre de la réalisation de la part de ce label, mais en réalité ils sont une petite famille et donc un album de Noël peut faire sens, un Noël particulier malgré tout. A l’époque le label est encore basé dans la baie, et cette compilation sera en fait très G-Funk.

Produit majoritairement par E-A-Ski, la compilation est un petit condensé de G-Funk à mi-chemin entre la baie et le G-Funk de Los Angeles. A vrai dire, je ne sais pas exactement qui compose les West Coast Bad Boyz, il s’agit probablement des membres de No Limit. Les productions sont ensoleillées avec des petits airs de Noël incorporé par moment comme le refrain de Christmas in Da Ghetto interprété par Master P et C-Murder avec des lyrics bien sauvages. Le Noël dans les ghettos ne semble pas être le même que dans les autres familles, ce qui en fait finalement une fête qui n’est pas aussi bienvenue qu’ailleurs.

Christmas in the ghetto just ain’t worth shit
Tell Santa Claus he can suck my dick
I guess I get the same fuckin’ thing I got last year
Sittin’ in a bird dog drinkin beer

On est dans la maison d’un gangsta au milieu du Ghetto à la nuit tombée. Il ne faut pas s’attendre à des chants de Noël pour enfant avec toute la magie féérique à laquelle on a habituellement le droit pour cette fête. Ici, c’est plutôt un Noël inhabituel avec une ambiance faussement chaleureuse. Je ne sais pas qui pourrait vraiment écouter cette compilation pour le réveillon de Noël avec les enfants en train d’attendre la venue du père Noël. A priori, les paroles feraient sans doute peur au père Noël lui-même.

L’album introduit avec le morceau éponyme, qui met directement dans l’ambiance d’un Noël fumeux avec Silkk The Shocker, San Quinn, GLP et Master P. Un petit G-Funk très efficace, bien fumeux sur un ego-trip de fumette pour Noël. Jackin Fo Da Holidays reprend les productions de plusieurs classiques du rap West Coast comme Regulate de Warren G, Gz & Hustlerz  de Snoop Dogg, It Was a Good Day de Ice Cube et d’autres qui s’enchainent à la suite. Master P et ses compères s’éclatent avec des ego-trips sexuellement suggérés et des histoires de hustlers.

Avec 11 tracks, dont 4 interludes, la compilation est courte mais finalement terriblement efficace avec des productions de très bonne qualité et des interprétations qui tiennent globalement la route. Pour être honnête, je ne m’attendais pas à grand-chose en écoutant cette compilation, peut-être à quelque chose d’amusant tout au mieux. Mais en réalité, c’est une très bonne compilation de G-Funk qui parodie Noël et le fait virer à une fête cauchemardesque. Ils n’ont pas l’air de vraiment aimer Noël, peut-être à raison dans leur situation. Et ils vont faire un Noël à leur manière. Sur le morceau final, No Limit Party, il semble y avoir plus d’armes et d’alcool que de cadeaux dans leur fête.

Des chansons de Noël ? En un sens on peut répondre oui, ils parlent bien de la fête de Noël mais à leur manière, si on a envie d’être complètement défoncer pour cette fête, il suffira d’écouter High Fo XMas et ça passera très bien. Je ne jouerai pas cet album pendant la fête de Noël, mais il s’agit d’un très bon album de G-Funk, mais un peu trop violent pour un Noël traditionnel.

Par Grégoire Zasa


Sur le même sujet

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s