L’histoire derrière No Diggity et ses autres vies – Part. 1

L’histoire derrière No Diggity et ses autres vies – Part. 1

L’histoire de No Diggity

Si on connait un peu le groupe BLACKstreet, on sait qu’il ne s’agit pas d’un groupe de Hip Hop. En fait, le fondateur et producteur du groupe, Teddy Riley est plutôt l’un des précurseurs du New Jack Swing, notamment avec son premier groupe Guy qu’il partage avec les frères Aaron et Damion Hall, mais aussi avec BLACKstreet, un groupe un peu plus R&B.

Ceci étant dit, lorsque Teddy Riley propose le beat de No Diggity à son groupe Guy, ces derniers refusent d’enregistrer la chanson, la jugeant trop Hip Hop et éloigné du catalogue original du groupe. Il en est de même pour BLACKstreet, à qui Teddy Riley le propose dans un second temps après le refus d’Aaron Hall. Pourtant, Teddy Riley étant convaincu du potentiel succès de la chanson, il finit par convaincre son groupe de l’enregistrer, en enregistrant le premier couplet.

Même si la production est créditée Teddy Riley, Dr Dre semble en être l’architecte. Plusieurs hypothèses semblent confirmer cette théorie. La première est le premier couplet rappé par Dr Dre sur la chanson, Dre n’a pas pour habitude de rapper sur des productions qui ne sont pas les siennes. Si cette preuve n’est pas suffisante, d’autres hypothèses semblent aller dans ce sens. Les sonorités du beat sont plutôt le style de Dr Dre que de Teddy Riley. La boucle de guitare grossièrement samplée de Grandma’s Hands de Bill Withers est typique des travaux de Dr Dre et ressemblent étrangement à la construction d’autres chansons de son catalogue. Pour les plus notables, on peut citer le sample de Woman to Woman de Joe Cocker sur California Love ou encore What’s The Difference samplé sur Parce Que Tu Crois de Charles Aznavour. Concernant le riff de piano, il semble aussi être l’œuvre de Dr Dre pour les raisons évoquées au-dessus, Dre n’est pas à ses premiers essais sur les samples de piano.

Si on remonte un peu plus loin, l’histoire raconte que Dr Dre aurait créé le beat pour un morceau de All Eyez On Me pour 2pac. Dre étant sur départ de Death Row, il serait parti avec le beat pour le vendre ensuite à Teddy Riley. Ce dernier confirme cette version mais affirme avoir apporté le riff de guitare sur le morceau en s’inspirant de la chanson de Bill Withers qu’un ami lui aurait fait découvrir. Personnellement, cette version de l’histoire ne me convainc pas, et je reste persuadé que la production est estampillée Dr Dre.

Mais pourtant, il est difficile de concevoir que Teddy Riley soit totalement absent de la production. Teddy Riley est connu pour être multi-instrumentaliste, alors que Dr Dre a pour habitude de s’entourer d’une équipe de beatmaker pour réaliser ses productions. Déjà à l’époque de Death Row, Dr Dre avait son propre claviériste, un certain Soopafly. Daz Dillinger ou Warren G affirment également avoir contribué fortement à certaines productions sur Doggystyle, sans pour autant avoir été crédité, et sans qu’on connaisse avec certitude l’étendue de leurs contributions. On sait que Dre a pour habitude de poser son tampon de validation sur les productions. Teddy Riley en a-t-il besoin ? Probablement pas, mais sachant que Dre a apporté le beat initial, il n’a sans doute pas laisser faire n’importe quoi sur son beat.

Pour le mot final, qui a produit ce beat ? Je pense que les deux artistes ont apporté leurs contributions et leurs expériences des diverses influences pour construire le produit final. Dre a ramené le beat initial apportant la touche Hip Hop, alors que Teddy Riley a sans doute contribué à apporter les riffs de piano et de guitare pour la touche New Jack Swing. L’ensemble a probablement été mixé et approuvé par Dr Dre, ce qui expliquerait pourquoi la production ressemble à ses travaux habituels.

Même si la chanson, et particulièrement son beat, est plutôt éloignée des travaux habituels de BLACKstreet, le couplet R&B chanté est typique du New Jack Swing que Teddy Riley a l’habitude de proposer. L’écriture des paroles sont sans aucun doute le travail de ce dernier, y compris le couplet de Dr Dre. Le « No diggity, no doubt » lui aurait été soufflé par LL Cool J qui a été invité pour des vocales additionnelles sur un remix de I Like The Way You Work sortie sur le premier album de Blackstreet. Et surprise, cette phrase revient dans le refrain de No Diggity.

Ce qu’on sait maintenant avec certitude, c’est qu’il s’agit d’un des titres les plus emblématiques du groupe de New Jack Swing, et c’est sans doute ce qui a permis de faire découvrir le groupe auprès du grand public et du public Hip Hop.

Retrouves la deuxième partie de l’article :

Par Grégoire Zasa


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