Stéphanie Macaigne, les couvertures de rap revisitées aux pinceaux

Stéphanie Macaigne, les couvertures de rap revisitées aux pinceaux

La couverture d’un album est la première porte d’entrée vers celui-ci, la première chose que l’on voit avant même d’écouter la musique qui le compose. Alors même si le nom de l’artiste permet d’avoir une idée de son contenu, la couverture peut donner une seconde indication. Elle est supposée refléter la thématique et les sonorités de l’album. Pour un album qui reste gravé dans les mémoires, la musicalité a bien sûr son importance, mais les éléments visuels qui l’entourent en ont également.

On se souvient tous de certaines couvertures iconiques qui ont marqué l’histoire et qui restent encore aujourd’hui des références. Dans le rap, on pense directement à Illmatic ou Doggystyle qui avait marqué les esprits en devenant des classiques. Les couvertures des albums Dirty South de la fin des années 90 sont devenues iconiques avec un visuel aussi semblable que reconnaissable, notamment les lettres capitales à effet et les photos montages agrémentés de flammes.

Stéphanie Macaigne

J’ai eu la chance de fréquenter les bancs de l’Ecole Maurice-Quentin de La Tour à Saint-Quentin et là j’ai eu des professeurs géniaux dont Isabel Barbara. Après je ne dirais pas que c’était toujours drôle parce qu’il fallait parfois se former à des techniques qu’on appréciait pas nécessairement mais en réalité c’est essentiel d’être un peu formé à toutes les techniques même si on a des techniques de prédilection comme c’était le cas pour moi à l’époque pour le collage, le dessin ou le fusain. La preuve c’est que maintenant que je fais plus que de la peinture quasiment

Stéphanie Macaigne se réapproprie les couvertures d’albums de rap pour les reproduire à son image avec ses pinceaux. Une très belle façon d’associer ses deux passions, la peinture et le rap, en parallèle de son activité de professeur. Ayant commencé à peindre depuis son adolescence, elle a suivi des cours en école d’art pendant ses années de collège et de lycée où elle a pu apprendre les techniques indispensables de la peinture. Pourtant, à cette époque, Stéphanie se consacrait surtout au dessin, ne peignant uniquement lors de ses cours ou occasionnellement de l’aquarelle sur un petit carnet. C’est par la suite qu’elle ose se lancer dans l’acrylique, mais ce sont bien les techniques apprises lors de ses cours, entre autres, qu’elle utilise aujourd’hui pour la revisite des couvertures d’albums. 

A cette même période, Stéphanie commence également à écouter du rap, français et US. Aujourd’hui, elle écoute tout genre du style musical, allant du rap US au rap italien ou allemand, et même également des styles en dehors du Hip Hop. D’ailleurs, elle affectionne particulièrement la fusion des genres, de la même manière que la fusion des arts, musique et peinture, qu’elle mélange grâce à ses créations.

Estimant que l’énergie dégagée par le rap est contagieuse, elle décide plus tard d’allier ses deux passions pour peindre des couvertures d’albums. Idée qu’elle associe à la synesthésie, le lien entre les sens et entre les arts. La synesthésie est la perception de sensations permettant d’associer plusieurs sens en un seul stimulus, à titre d’exemple, il peut s’agir de percevoir des couleurs lors de l’écoute de la musique ou l’association d’une couleur avec une lettre ou un chiffre. Cette association entre les arts pratiqués par Stéphanie lui rappelle cette notion de synesthésie, lui permettant de vivre des expériences simultanément picturales et musicales lorsqu’elle peint.

S’inspirant des plus grands artistes comme Claude Monet, Vincent Van Gogh ou Salvador Dali, Stéphanie essaie toujours d’apporter sa touche personnelle à ses créations. La recopie pure et simple d’une couverture ne l’émeut pas vraiment, si elle pense ne rien pouvoir apporter à la pochette, elle préfère ne pas s’y attarder pour se diriger vers des pochettes qui l’inspire. Elle définit ses peintures comme sa propre vision des albums, son propre prisme, rejoignant l’idée de synesthésie. D’ailleurs, elle écoute systématiquement l’album, avant ou pendant, qu’elle peint, afin de pouvoir s’approprier la musique tout en revisitant la couverture.

Stéphanie Macaigne

Je suis une très grande consommatrice des couleurs de Monet, des compositions de Francis Bacon, des névroses de Van Gogh et d’Egon Schiele, et de la folie de Dali

Il faut que plusieurs critères soient réunis mais encore une fois je suis assez impulsive de ce point de vue-là, quand je sens que je peux apporter quelque chose ou mettre mon grain de sel je le mets !

En apportant sa propre vision des albums, Stéphanie sélectionne les couvertures qu’elle va revisiter à l’instinct, en fonction de ce qu’elle va pouvoir apporter à l’œuvre initiale, il n’y pas vraiment de critère de sélection. Stéphanie est très spontanée et impulsive dans son processus de création. Dès que l’idée apparait, le pinceau est déjà dans sa main, un processus qu’elle juge elle-même comme fougueux et impatient mais qui fait définitivement parti de son style et qui se ressent dans ses réalisations. Finalement, chacune de ses peintures représentent un univers musical, un contexte, un défis technique dans la réalisation, chaque toile possède une histoire et une âme propre à elle-même qui a une importance pour sa réalisatrice.

Les couvertures revisitées sont aussi diverses qu’époustouflantes. Même s’il s’agit systématiquement de pochettes de rap, la palette varie des classiques du rap US des années 90 aux albums modernes de notre génération en passant par le rap français. En tout cas, sa touche personnelle est toujours présente et ses œuvres toujours fidèles à son style.

En attendant ses prochaines réalisations et ses prochaines expositions, vous pouvez retrouver les magnifiques travaux de Stéphanie sur sa page Instagram, ainsi que ses peintures en vente directement sur son site internet:

Ce qui est certain, c’est que les revisites des couvertures d’albums de Stéphanie continueront de nous impressionner par son style impressionniste, mouvement artistique qu’elle affectionne particulièrement et duquel elle tire son inspiration.

Toutes les illustrations de peinture utilisées dans cet article sont la réalisation et la propriété de Stéphanie Macaigne

Par Grégoire Zasa


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